Congé supplémentaire de naissance : ce qui vous attend au 1er juillet 2026
Un à deux mois de plus par parent — financés par la Sécurité sociale, mais à anticiper dans vos plannings.
⭐ Le saviez-vous ?
À partir du 1er juillet 2026, chacun de vos salariés qui devient parent pourra s’absenter un à deux mois de plus — en plus du congé de maternité ou de paternité.
Bonne nouvelle pour vous : vous n’avez, en principe, rien à débourser. Moins bonne : si vous ne l’anticipez pas, vous le découvrirez par une lettre, un mois avant le départ.
Voici ce que crée la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 — et ce que vous, dirigeant, avez intérêt à préparer dès maintenant.
Le nouveau congé en clair
La LFSS 2026 crée un congé supplémentaire de naissance, ouvert aux deux parents, pour chaque naissance ou adoption.
Sa durée : de un à deux mois par parent. Il peut être pris en une seule fois ou fractionné en deux périodes d’un mois.
Point essentiel : il ne remplace rien. Il s’ajoute au congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption — et il ne peut être pris qu’après ces congés. Les deux parents peuvent le prendre en même temps ou à tour de rôle.
Qui paie ? (la question qui vous intéresse)
L’indemnisation est versée par l’Assurance maladie (la CPAM), pas par vous.
Elle est dégressive : 70 % du salaire net le premier mois, 60 % le second, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026).
Autrement dit : zéro coût direct pour l’entreprise — sauf si votre convention collective, un accord collectif ou un usage interne prévoit un maintien de salaire plus favorable. C’est le seul cas où la facture peut remonter jusqu’à vous : vérifiez votre convention, vos accords et vos usages.
Quand vos salariés pourront-ils le prendre ?
Deux fenêtres, selon la date de naissance :
– Enfant né ou arrivé au foyer entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 : congé à prendre entre le 1er juillet 2026 et le 31 mars 2027.
– Enfant né ou arrivé à partir du 1er juillet 2026 : congé à prendre dans les 9 mois suivant la naissance ou l’arrivée (délai allongé en cas de naissances multiples).
Ce que vous devez préparer
Le salarié doit vous prévenir au moins un mois avant le début du congé, en précisant la date de début, la durée et s’il le fractionne. Ce délai tombe à 15 jours dans un seul cas : lorsque le congé suit immédiatement le congé de paternité et d’accueil (ou d’adoption) et que le salarié souhaite le débuter dans le mois qui suit la naissance ou l’arrivée de l’enfant.
Concrètement, pour ne pas être pris de court :
– Repérez dans vos effectifs les naissances et adoptions récentes ou attendues : vous avez potentiellement des absences à venir jusqu’en mars 2027 pour les bébés du 1er semestre.
– Intégrez ce congé à votre gestion des absences, au même titre que la maternité et la paternité.
– Vérifiez votre convention collective, vos accords collectifs et vos usages internes : prévoient-ils un complément de salaire ? Si oui, vous aurez un coût et une ligne de paie à gérer.
– Préparez la transmission à la CPAM : c’est vous qui faites le lien pour déclencher l’indemnisation.
– Anticipez l’impact sur l’organisation : un à deux mois par parent, ce n’est pas neutre dans une petite équipe. Recruter un remplaçant sur une durée aussi courte n’est pas toujours réaliste — pensez aussi à la réorganisation interne, à la redistribution temporaire des tâches, ou à une solution ponctuelle (CDD de remplacement, intérim) selon ce qui est tenable pour vous.
⚖️ Le quiz de la semaine
Pendant le congé supplémentaire de naissance, qui verse l’indemnité au salarié ?
A. L’employeur — B. La CPAM (Assurance maladie) — C. La CAF — D. France Travail
La réponse dans la prochaine édition.
Qui a dit que le droit social était facile à comprendre ?


